HISTOIRE « Nous aimons notre bonne ville, ses habitants, ses bois, ses champs La vallée, où coule tranquille, la Dyle »


LES ORIGINES DU JEU DE JEAN ET ALICE

En 1951, au sortir de la guerre, le Syndicat d’Initiative fête la liberté retrouvée et un vieux rêve refait surface. Un projet vieux de trois siècles en fait... : doter l’église Saint-Jean-Baptiste d’un carillon. À l’époque, une souscription publique reçoit un accueil très enthousiaste et il est prévu qu’un carillon de 49 cloches soit inauguré à Pâques 1954.

Le Comité du Carillon souhaite alors célébrer cet événement avec faste. L’abbé Jean Pensis, amoureux de « sa ville », fondateur avec quelques amis du Cercle Historique et Archéologique, lance un projet fédérateur : lier l’inauguration du carillon, symbole de liberté, à l’évocation de la remise de la Charte des Libertés et Franchises.

Dans cette optique, il convainc l’écrivain Auguste Brasseur-Capart, docteur en médecine, pédiatre et écrivain, d’écrire, pour cette occasion, le texte d’un jeu à caractère médiéval. Auguste Du Pont Del Sart, fondateur de l’Académie de Musique, Danse et Arts de la parole de Wavre, mettra le tout en musique. Le « Jeu de Jean et Alice » est né.






LE CARILLON

Le Jeu de Jean et Alice trouve donc son origine dans une des spoliations dont fut victime Wavre lors de l’occupation durant la seconde guerre mondiale.
L’armée allemande réquisitionne alors, dans les pays conquis, les cloches des églises pour les transformer en engins de guerre.  Wavre n’est pas épargnée et se voit contrainte de livrer deux des trois bourdons de Saint-Jean-Baptiste. La plus petite, « Dongelberg », échappera à la refonte.
En 1951, le Syndicat d’Initiative de Wavre souhaite concrétise un projet vieux de trois siècles : doter la tour de l’église d’un carillon.
La flèche de Saint-Jean-Baptiste, qui ne compte que cinq étages, est rehaussée de six mètres afin de pouvoir accueillir le carillon.  De solides plateaux en béton viennent remplacer les planchers en bois vermoulu et des escaliers en fer prennent la place des échelles primitives.
Dans un premier temps, 32 cloches sont prévues. Mais, en réduisant leurs volumes respectifs, un total de 49 cloches fut fondu pour se faire musicalement suite.  C’est l’œuvre des fondeurs Michiels de Tournai.
Les 49 cloches font leur entrée à Wavre le samedi 6 mars 1954. Le 7 mars, les cloches sont bénies et elles seront montées dans la tour le dimanche de Pâques 1954. Six cloches se trouvent au troisième étage de la tour.  Elles sont montées pour sonner par balancement et sont mises en branle par un moteur électrique commandé de la sacristie. Au cinquième étage, se trouve la cabine de la carillonneuse. Le clavier du carillon est formé de chevilles de bois que la carillonneuse frappe avec le poing, tandis que les grosses cloches sont commandées par un pédalier. Les 43 petites cloches prennent place au sixième étage.
Le carillon appartient à la Ville de Wavre qui en confie la gestion au Comité du Carillon.




1222

L’octroi de la Charte des Libertés et des Franchises communales a été concédé le 23 avril 1222, jour de la Saint Georges, par Henri Ier, duc de Brabant, comte de Louvain, marquis d’Anvers et duc de Basse-Lotharingie aux bourgeois de Wavre. Il était le suzerain du Seigneur de Wavre, Godefroid, qui était donc son vassal.
Pour ne pas déplaire aux historiens, il nous parait important de relever ces quelques inexactitudes que contient le Jeu. Jean et Alice ont toujours été personnifiés, à Wavre, comme les donateurs de la charte, gage pour la Ville, de ses droits et libertés. En réalité, ils sont les derniers descendants de Godefroid de Wavre qui, en 1222, sous le duc de Brabant, Henri Ier le Guerroyeur, délivra cette charte.
Jean et Alice ont été Seigneurs de Wavre vers 1273 et le resteront jusqu’en 1292.




LA CHARTE DES LIBERTÉS ET FRANCHISES COMMUNALES

Le 23 avril 1222, le duc Henri Ier, duc de Louvain, dont dépend Wavre, octroie à la ville les « mêmes libertés qu’à Louvain ». Ces libertés permettent à la Wavre de devenir une entité juridique et politique, avec une gestion spécifique et un droit d’intervention dans l’administration de la cité. D’emblée les bourgeois donnent une impulsion nouvelle à leurs activités commerciales et de la sorte apportent à Wavre la prospérité qui sera le germe de celle qu’on lui connait encore aujourd’hui.

Mais que dit la Charte ?
Traduite du latin, la Charte de Wavre expose ceci :
« Que tous sachent la teneur des lettres de franchise de la Ville de Wavre (copiées) mot à mot en ces termes.
Nous Jean, par la grâce de Dieu duc de Lotharingie, de Brabant et de Limbourg, faisons savoir à tous ceux qui regarderont ces présentes lettres que nous avons vu les lettres inscrites ci-après non cancellées, non abolies et ne contenant pas de partie vicieuse.
Henri, par la grâce de Dieu du de Lotharingie, à tous ceux ayant vu ces écrits perpétuellement. Que tous sachent, tant dans le futur que présentement, que Nous, par la volonté de Godefroid de Wavre et de Jacques, son beau-père, et des autres seigneurs, et à la requête des bourgeois de Wavre, accordons à ceux-ci, pour tout, la même liberté que celle qu’ont nos bourgeois à Louvain.
Et afin que ceci soit, auxdits bourgeois et à leurs successeurs, fermement observé dans le futur par nous et nos successeurs nous leur avons donné en témoignage ce présent écrit corroboré par notre sceau et par les noms de tous les témoins.
Témoins parmi nos hommes : Arnould de Limal, Walter Care, E. maire de Barsele, Dèse de Helrode. Parmi les hommes de Godefroid : Arnould de Limal, Henri de Wavre, Thimerus, les échevins Lambert, Siger, Thimerus, Jourdain, Lambert Bolengier, Walter le Pelletier, Jean et d’autres en nombre, Regnier et Jean, rédacteurs de cette charte.
A Wavre, année de notre Seigneur 1222, mois d’avril, au jour de la Saint Georges martyr. »




LES PROTAGONISTES

Jean PENSIS (1907-1987)
L’idée du Jeu, c’est lui ! C’est l’initiateur enthousiaste, le catalyseur de la population. Maca de naissance, il est ordonné prêtre à Malines mais revient enseigner à Wavre. Il fonda le « Cercle Historique et Archéologique de Wavre » et c’est lui aussi qui, pour sauver « Donglebert » de la refonte, racheta la cloche sur ses propres deniers avant de la céder au Syndicat d’Initiative.
C’est pour l’inauguration du nouveau carillon de Saint-Jean-Baptiste que l’abbé Pensis eu l’idée du Jeu. Il fit appel à la légende de Jean et Alice et à ses fidèles compagnons, le docteur Brasseur-Capart et Auguste Du Pont Del Sart. 


Auguste BRASSEUR-CAPART (1905-1978)

Une plume piquante, drôle et poétique dans les mains d’un pédiatre habile et délicat. Auguste Brasseur-Capart écrivit le premier jet du Jeu en janvier 1954 à la demande de son ami Jean Pensis. Les Wavriens se souviennent évidemment du « gentil docteur » et lient son nom à celui du Jeu dont chacun connait aujourd’hui les répliques par cœur.


Auguste DU PONT DEL SART (1913-1986)
Directeur-fondateur de l’Académie de Musique de Wavre, Auguste Du Pont Del Sart mis le « Jeu de Jean et Alice » en musique. Des chants et des musiques aujourd’hui devenus des hymnes wavriens comme « Les petits Mitrons », « L’Alouette » et bien sûr la célèbre « Nous aimons notre bonne ville » que le carillon égrène chaque jour.